L’amour peut-il exister sans prise de risque et sans douleur ?

L’amour peut-il exister sans prise de risque et sans douleur ?

Au moment où tu regardes cette vidéo, il est fort probable que tu as déjà vécu plusieurs aventures amoureuses. Ainsi chaque relation d’amour implique le risque de rupture, mais un risque de douleur à venir. Le jeu en vaut-il la chandelle et surtout le risque est-il toujours inévitable en amour ? L’obsolescence programmée touche-t-elle également le grand amour au point d’en faire une chimère après laquelle tout le monde court ?

Chaque déclaration est-elle nécessairement une prise de risque qui pourrait aussi être douloureuse ?

Je ne sais pas pour toi, mais même dans mes plus anciens souvenirs de maternelles, j’étais déjà follement amoureux. Pourtant, ce n’était pas quelque chose que l’on partageait, on risquait de plus la raillerie à se faire découvrir comme si être amoureux était un péché.

Toutefois risquer l’amour ne devrait-il pas au contraire être source de joie ?

Au-delà de la prise de risque

La seduction un risque vers l'amour

L’amour avant la prise de risque

Dans les jeunes années de la vie, il est fréquent de ressentir en même temps de l’envie, de la peur et de la honte. Qu’en est-il quand nous grandissons ?

Tu as sans doute grandi avec en tête les imageries populaires de l’Amour avec un A majuscule. Cette idéologie véhiculée par la littérature anglaise tout d’abord n’est pourtant pas si ancienne. Elle remonte tout au plus de deux siècles. On la retrouve maintenant au cinéma, dans les dessins animés (adultes ET enfants), les séries.

Le coup de foudre fait rêver, tout comme le mystère autour des rencontres dans les fictions. Néanmoins dans la vraie vie, cela se déroule rarement ainsi. Les rencontres se font principalement dans les endroits où l’on passe beaucoup de temps, typiquement sur les bancs de l’école ou sur le lieu de travail.

Chacun modèle d’ailleurs son image pour se donner le plus de chance d’attirer des partenaires potentiels. Tu fais du sport, tu soignes ton habillement, tu te composes un personnage lors de tes sorties. C’est ensuite le jeu de la séduction qui se met en marche. En entrant sur le marché, tu es totalement inondé(e) par le choix des partenaires. Que ce soit dans les lieux que tu fréquentes, sur la toile à travers les réseaux sociaux ou les applications de rencontre, l’offre est pléthorique. Enfin, on tente en tout cas de te le faire croire.

C’est un moment tout à fait valorisant. Chacun essaie alors de subjuguer l’autre par divers artifices. Cette période est très plaisante pour l’égo. Tu ne vis plus que pour la personne qui remplit tes pensées.

C’est à partir de ce moment que le risque apparait.

La déclaration d’amour un risque vers la douleur ?

Jusque là, tout était agréable et léger, mais en te déclarant, tout va dès lors basculer. En effet, l’amour, pour prendre corps, doit passer par les phases de doute et d’incertitude qui conduisent d’un côté à la constitution d’un couple et d’un autre à la fin de la parade amoureuse.

Chez certaines personnes, ce risque est trop difficile à prendre. Elles restent alors dans la séduction, papillonnant de partenaire en partenaire sans jamais franchir le pas. Ces personnes sont d’ailleurs souvent méprisées par leur attitude aguicheuse.

La déception fait-elle vraiment mal ?

Pourtant le fait de se déclarer légitime de basculer dans la véritable réalisation amoureuse quand cela fonctionne.

Cela peut te permettre d’avoir un peu de tranquillité par exemple vis-à-vis de ta famille qui pouvait te presser. Tu vas également être plus apaisé(e) puisque tu n’auras plus besoin de partir en chasse à la recherche de nouveaux partenaires.

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Tout comme l’amitié, l’amour rend heureux. En philosophie, l’amour se décompose ainsi :

  • Éros est l’amour physique et le désir sexuel.
  • Philia représente la relation d’amitié et d’estime.
  • Agapé désigne l’amour de son prochain.

Aujourd’hui, la société tend à conduit à l’union en couple. Il est très difficile de vivre autrement par exemple dans un partenariat amical. C’est donc l’amour qui fait foi.

Parfois cependant, se prendre un râteau fait un peu mal à l’égo. Mais après tout, la déception ressentie, même si la douleur est présente, permet ensuite d’avancer. Tu dois en effet tenter d’analyser ce qui n’allait pas sinon tu risques de reproduire encore et encore les mêmes erreurs. Cela te ferait alors aboutir à des résultats identiques.

Quoi qu’il en soit, sans prise de risque l’amour sera bien moins intense.

Lorsque l’amour n’est pas dans les codes de la majorité

Le risque de rejet, mais aussi de la douleur associée peut être plus important lorsque ton amour fait partie des amours dits minoritaires. En effet, comme tu n’appartiens pas à la majorité dominante, les réactions sont souvent plus violentes de la part des personnes de ton entourage qui ne partagent pas cette façon d’aimer.

Ainsi, dans la population homosexuelle, il est généralement nécessaire de passer une épreuve supplémentaire vis-à-vis de ses proches lors du coming-out. La norme de la majorité étant le couple hétérosexuel, il est alors toujours nécessaire de se justifier et finalement de s’imposer pour réussir à s’épanouir.

Ce sont communément les réactions des proches qui font le plus mal lorsque la relation n’est pas approuvée. C’est heureusement de plus en plus accepté et reconnu dans nos sociétés et cultures.

Il en est souvent de même pour le polyamour. C’est cependant plus compliqué, car il faut gérer plus de personnes dans la relation. Les possibilités de conflits sont aussi plus nombreuses. Cela oblige à revoir ses schémas de comportements, le rapport n’est plus donnant/donnant.

Pourquoi vivre l’amour est-elle une expérience toujours risquée ?

l'amour est parfois douloureux

Après avoir pris le risque de se déclarer et avoir eu la joie d’obtenir le consentement de ton ou ta partenaire, la vie amoureuse est alors à construire. Tu souhaiterais bien sûr que l’amour rime immédiatement avec entente absolue. Pourtant c’est rarement le cas, il faut apprendre à vivre ensemble.

L’amour est universel et intemporel

Dans un premier temps, l’amour rend aveugle et totalement déconnecté des réalités. Tu as des palpitations. En plus, quel que soit l’âge, tu ressens toujours les mêmes émotions. C’est très universel. À 80 ans, tu éprouveras les mêmes picotements dans le ventre qu’à tes 15 ans. L’amour permet en quelque sorte de voyager dans le temps.

Il fait partie intégrante de la vie, il t’accompagne de la tendre enfance jusqu’à ta dernière heure. Tout le monde ressent de l’amour, pour ses partenaires, ses proches, ses enfants, ses animaux. On peut aussi s’aimer soit même !

L’amour est le sel de la vie. C’est ce qui lui donne du gout. C’est pour certaines personnes un sentiment vital.

Dans certaines communautés, le couple et surtout le mariage permettent d’être enfin libre de son corps et de pouvoir avoir une activité sexuelle sans contrainte.

L’amour durable

Le secret d’un couple et d’un amour durable serait dans l’écoute, le respect et la tolérance. Il est aussi indispensable de communiquer efficacement, régulièrement et avec sincérité. L’amour ne vaut que s’il est actif. C’est l’intention de se dévouer et de donner de l’attention à l’autre sans contrepartie immédiate.

Pourtant il est difficile de dissocier le risque, la douleur et l’amour. Ce cocktail est détonnant et étonnamment essentiel.

Mais, les statistiques indiquant que près d’un mariage sur deux se solde par un divorce.

L’amour est-il un mirage que l’on tente d’atteindre ?

L’imagerie collective tend néanmoins à désigner le grand amour comme le seul but à atteindre. Devenir un couple est alors l’objectif de beaucoup. Pourtant c’est souvent ce qui fait que beaucoup de ménages sont malheureux, mais restent ensemble au lieu de se séparer. Ces situations sont amplifiées par le capitalisme qui tend à rendre le couple financièrement dépendant l’un de l’autre. Cela rend la séparation encore plus difficile. Celle-ci intervient alors souvent au moment du départ des enfants.

Il est toutefois possible d’être heureux(se) sur la durée si l’on rencontre la bonne personne. La tendance est à la monogamie. Cependant, il est facile de constater qu’aujourd’hui on assiste parmi les couples à une succession de mariages. Les relations sont souvent courtes et intenses. La fidélité est alors de mise pendant ces périodes. Mais dès que cela ne va plus, on se met en quête de quelque chose de meilleur.

Le seuil de tolérance au-delà duquel on veut mettre fin au couple s’est abaissé durant ces dernières décennies.

Que penser du mariage de raison ?

Ne faudrait-il pas mieux revenir comme il y a quelque temps à des mariages de raison plutôt qu’à des mariages d’amour ?

Pour Éva Illouz, il ne faudrait pas prendre la passion romantique comme norme de la relation conjugale. L’idéal serait plutôt que l’on puisse vivre en couple avec une personne avec qui l’on partage la même vision de la vie, mais pas forcément l’amour. À côté de cette relation de raison, il faudrait vivre de courtes, mais intenses relations amoureuses.

C’était d’ailleurs comme cela dans la Grèce antique. Chez les Grecques, l’amour au sein du couple était même jugé dangereux pour celui-ci. Ainsi, le mariage rimait plutôt avec contrat économique et modèle d’amitié.

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La société cherche la stabilité de chacun. L’amour lui implique la radicalité. Plus tu prends de risque et plus tu as des chances de vivre ta passion intensément. Quand tu t’abandonnes à tes sentiments, les probabilités de te heurter aux conventions et aux normes augmentent.

Vers une autre forme d’amour

Il est pourtant possible de trouver fidélité et amour en dehors du couple. C’est notamment le cas avec les animaux. Certains font preuve d’empathie avec les humains. Ils permettent d’obtenir le soutien manquant, mais aussi de consoler quand le moral n’est pas là. Les animaux ont d’ailleurs un sens de la loyauté et de la fidélité qui manque à la plupart des humains.

Est-il alors acceptable de vouloir un partenaire comme un toutou ? As-tu envie qu’il te suive aveuglément, qu’il soit toujours content et toujours d’accord.  Il n’y aura à ce moment-là aucun discours contradictoire entre vous possible. Cela risque d’être lassant à la longue.

La rupture est-elle forcément un point de passage obligé ?

coeur brisé par la rupture amoureuse

Les ruptures en très fortes augmentations

Aujourd’hui, la probabilité que deux personnes démarrent et finissent leur vie dans l’amour d’un de l’autre est de plus en plus faible. Les ruptures font partie du paysage de chacun.

De nos jours, la rupture est devenue banale. Elle est même entourée de rituels. Tu as tout de suite en tête les clichés de celle-ci. Après une rupture, tu vas rester totalement prostré chez toi sans voir personne. Certaines personnes se mettent à boire, à manger ou à fumer pour compenser la douleur et faire sécréter à notre corps des endorphines qui atténueront celle-ci.

Cependant, cet état dépressif ne se met en place que lorsque la rupture est imposée. Il est rare d’entrer en dépression lorsqu’on est à l’origine de celle-ci.

Rendre les ruptures moins douloureuses

Pourtant il serait préférable qu’une discussion ait lieu avant la rupture afin que les deux parties puissent exprimer leurs griefs. Cela permettrait à chacun de mieux vivre ce passage. Surtout, chacun aura pu extérioriser ses rancœurs qui ne rongeront plus ensuite les intéressés.

C’est malheureusement rarement comme cela que ça se passe et l’un des partenaires a déjà fait son deuil de la relation, quand il annonce la fin de celle-ci. C’est cette annonce qui amorce le début du deuil avec toutes les phases que cela implique pour le partenaire qui va prendre acte de la séparation. La douleur chez les deux partenaires est donc désynchronisée. L’un va en général l’éprouver en amont de la rupture et l’autre après sa réalisation. C’est pour cela que trop souvent celui qui est dans la souffrance ne peut pas comprendre la façon de vivre de son ex partenaire.

Pourtant malgré le risque d’une rupture à venir, après un échec, tu vas très certainement te remettre en recherche de prochains partenaires. Le plaisir de la rencontre, puis de la relation outrepasse alors le souvenir de la peine endurée.

Et ainsi le cycle recommence.

Tu l’auras donc compris, le cycle de l’amour se nourrit aussi bien du plaisir que de la souffrance. Aucun amour n’est d’ailleurs envisageable sans cette prise de risque. Même si connaitre le grand amour reste extrêmement rare, il est possible à force de communication, de diplomatie et de respect mutuel de vivre une très longue histoire. Pourtant pour la plupart nous connaitrons une vie amoureuse tumultueuse faite de rencontres, de belles histoires et de ruptures. Souffrance et plaisir ne sont-ils finalement pas les deux faces d’une même pièce que l’on relance régulièrement ?

Je t’invite à me dire dans les commentaires si tu penses que l’amour vaut le risque d’en souffrir.

Cet article a 4 commentaires

  1. Claire

    On peut penser que l’amour vaut le risque, et pourtant rester bloqué dans des schémas répétitifs et ne pas réussir à construire quelque chose.
    J’ai toujours pensé qu’il fallait 2 facteurs : la bonne personne (enfin, une personne compatible car heureusement qu’il y a plus d’une possibilité, sinon on ne la rencontrerait jamais !) et le bon moment.

    Pour ouvrir son cœur il faut du courage (d’ailleurs cœur est la racine de ce mot) 😊

    Merci pour cet article complet !

    1. Harmonie Des Corps

      Tu as raison Claire, c’est pour cela qu’il est toujours nécessaire de se questionner quand quelque chose ne colle pas. De plus la faute est toujours partagée et en effet, on doit trouver la bonne personne sans oublier non plus que l’on doit être soi même cette bonne personne pour ses partenaires.

      Merci pour ce témoignage.

  2. Julia

    Bonjour Christophe,

    Je trouve que cette banalité de la rupture est effrayante car lorsque nous vivons une expérience avec quelqu’un, la séparation ne peut pas être anodine. Bien entendu, je parle ici d’une experience d’amour partagée et non d’une histoire plus légère et passagère ( qui peut cependant tout a fait être une belle histoire, savoureuse).

    L’amour est forcément risqué selon moi car nous ouvrons notre coeur et nous pouvons être surpris des conséquences ( positives ou négatives) de cet acte.
    Mais pourtant, c’est la plus belle énergie du monde et je pense ne jamais regretter de l’avoir ouvert, même si la souffrance a pu être terrible. C’est souvent que cela cache une dépendance…

    1. Harmonie Des Corps

      Merci Julia pour ton témoignage. En effet, nous vivons dans un monde culturel où l’on nous apprend que l’on doit très vite faire le deuil de tout, y compris de ses amours. Pourtant je pense que comme le dit F. Cabrel “Quand on aime une fois c’est pour toujours”.

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