Violences conjugales – Quand doit-on fuir ?

You are currently viewing Violences conjugales – Quand doit-on fuir ?
Dylan Nolte - Unsplash

C’est souvent sur un funeste décompte que l’on dénombre les victimes qui succombent aux coups de leur partenaire. Les violences conjugales n’arrivent malheureusement pas qu’aux autres. Pourtant, dans beaucoup de cas, les victimes se considèrent comme coupables de la situation. Je te propose d’essayer de comprendre pourquoi, mais également de détailler les deux types de brutalité auxquels tu peux être confronté(e). Je terminerai sur les mesures à prendre pour préparer ton départ quand ton couple devient dangereux pour ta santé.

Clique ci-dessous pour regarder cet article sur YouTube.

Je vais commencer par t’expliquer pourquoi il faut fuir dès les premiers signes de danger.

1. Pourquoi faut-il fuir très vite dès les premières violences conjugales

fuir la violence conjugale
Nadia Dulina – Unsplash

Ce n’est jamais tolérable ni excusable

La violence quelle qu’elle soit n’est jamais tolérable et encore moins pardonnable. C’est un fait indiscutable. Il ne faut donc pas attendre et prendre des mesures dès les premières apparitions d’agression.

Pourtant ton bourreau va dans la plupart des cas minimiser son action. Il ou elle dira que cela s’est passé justement parce qu’il ou qu’elle t’aime. Que tu es tout pour lui ou elle. En faisant cela il ou elle déporte sa culpabilité sur toi.

Il est fréquent qu’à la suite de ces épisodes violents, suive une période idyllique pendant laquelle il ou elle sera aux petits soins avec toi.

Trop souvent, tu vas aussi trouver des excuses à ton ou ta partenaire malgré un comportement inqualifiable. Il est habituellement difficile de s’avouer que l’on est en train de subir. Tu te sentiras d’ailleurs plus facilement coupable de la situation plutôt que victime.

En effet, la plupart du temps, c’est la culpabilité qui survient, mais aussi la honte qui t’incite alors à minimiser les faits, à masquer la réalité aux yeux des autres. Ainsi, c’est généralement le déni qui s’invite dès les premiers signes de violence.

  • Il ou elle ne l’a pas fait exprès.
  • Ce n’est pas ce qu’il ou elle voulait dire.
  • C’est à cause de moi si cela est arrivé.
  • Etc.

Tu vas aussi avoir tendance à tout cacher aux yeux des autres. Cette invisibilisation de la violence la rend alors d’autant plus dangereuse.

Pourquoi faut-il absolument lutter contre cet état d’esprit ?

Cela va souvent en s’aggravant

C’est tout simplement parce que trop souvent, après le premier acte violent, en arrive un second et puis encore un autre. En effet, si le premier n’a pas été immédiatement suivi d’effet, la plupart du temps il se produira de nouveau.

De plus, au fur et à mesure que le temps va s’écouler et que les crises vont se succéder, il est plus que probable que leur intensité augmente aussi dans la durée.

Si la première fois n’était qu’une petite injure, qu’en serait-il à la dixième répétition ? Si le premier coup était une gifle, que deviendrait la cinquième agression ?

Je t’invite à vraiment toujours garder cela en tête pour ne pas passer à côté de cette première fois qui devra être l’élément qui devra t’alerter.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Coucher au premier rendez-vous fait-il de moi quelqu'un de facile ?

Le respect est un impératif au sein d’un couple

Le respect de son ou sa partenaire est un des piliers à honorer dans le couple. C’est en effet le minimum que l’on se doit à l’un et l’autre.

Qu’est-ce que le respect en couple ? Il me semble nécessaire d’en préciser les principaux points.

  • Communiquer en faisant attention à ce que l’on dit
  • Soutenir son ou sa partenaire à tout moment
  • Savoir-faire des compromis pour régler les dilemmes
  • Protéger ton couple (contre les agressions externes, mais aussi contre tes propres pulsions)
  • Admettre tes torts et écouter ton ou ta partenaire
  • Ne pas mentir
  • Tenir ses promesses
  • Je ne tente pas de forcer mon ou ma partenaire
  • Avoir de la gratitude envers son ou sa partenaire

Ce sont ainsi les principaux points à veiller pour rester dans le respect mutuel. Bien évidemment, pour que cela fonctionne, il faut que les deux membres du couple appliquent les mêmes règles.

L’importance de savoir communiquer

Bien souvent, les premiers problèmes surviennent à cause d’une communication défaillante. Les deux partenaires n’arrivent alors pas à exprimer leurs idées, envies ou besoins, ce qui conduit à l’énervement de chacun jusqu’au moment où l’on risque d’entrer dans la violence.

C’est pourquoi il est important de savoir communiquer. Cependant, ce n’est malheureusement pas quelque chose que l’on nous a enseigné à l’école, et malencontreusement, encore moins en famille. Le pire c’est que généralement tu vas reproduire l’échange parental. Seulement, c’est rarement une communication exemplaire.

C’est pourquoi j’ai réalisé cette formation pour apprendre les fondamentaux d’une bonne communication de couple. On peut voir la communication comme le socle indispensable à l’entente. Plus jamais tu n’auras l’impression de ne pas être écouté(e) ou compris(e).

Je t’invite vraiment à l’envisager pour réussir à vivre une vie de couple bien plus intense et plus plaisante pour chacun.

2. Les deux façons de subir des violences conjugales

Effet néfaste de l'alcool sur la sexualité - la violence

Depuis le début, j’évoque les violences conjugales, cependant, souvent dans l’imaginaire, on pense aux agressions physiques, mais tu vas voir qu’il n’y a pas qu’elles. Mais pour le moment, je vais commencer par là puisqu’on en parle le plus.

les violences physiques

Les violences physiques sont celles qui font malheureusement la une des médias lorsqu’une personne, une femme généralement succombe sous les coups de son ou sa partenaire. C’est évidemment la pire des finalités.

Cependant, la violence physique commence dès qu’il y a une action brutale portée à l’encontre d’un des membres du couple et que bien sûr ce n’est pas consenti. En clair, on parle de violence physique quand :

  • Tu te retrouves enfermée ou tu n’es plus libre de tes mouvements
  • Des projectiles sont lancés à ton encontre
  • Tu te fais bousculer
  • On te tape dessus avec un objet
  • On te blesse avec un objet
  • On te frappe avec n’importe quelle partie du corps
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Célibataire - entre la légèreté de la liberté et le poids de la solitude

C’est toujours l’intention de nuire qui compte, jamais la force du coup. Comme je l’évoquais, cela va souvent avec une intensité croissante dans le temps. Tu dois donc y prêter attention dès leurs premières survenues et réagir. Parfois, il est possible d’excuser une violation du respect de soi, mais il ne faudra surtout pas le faire à tous les coups. Lors des prochaines réapparitions de cette agressivité, tu dois envisager des mesures conservatoires. Je t’en parlerai juste après avoir évoqué les violences psychologiques.

Les violences psychologiques

Elles sont plus difficiles à comprendre, car bien souvent, cela vient généralement de façon très insidieuse. En effet, il existe de multiple manière de subir des violences psychologiques. En voici quelques exemples :

  • Le dénigrement systématique, tout ce que tu fais ou entreprends n’est jamais comme il faut
  • Le silence que l’on t’impose
  • Se faire rabaisser sans cesse
  • Le chantage ou la jalousie maladive
  • Se faire insulter
  • Se faire isoler socialement
  • L’indifférence
  • Etc.

Il est difficile d’être exhaustif ici tellement il est possible de nuire psychologiquement à quelqu’un. Néanmoins, c’est souvent la violence la plus délicate à discerner autant lorsqu’on la subit que lorsqu’elle est présente dans ton entourage. En effet, c’est sur le long terme qu’elle produit ses effets dévastateurs. C’est pourquoi elle est fréquemment négligée au détriment des agressions physiques.

Pourtant les dégâts peuvent être vraiment les mêmes jusqu’à parfois conduire au suicide de la personne violentée.

C’est pourquoi, que la violence soit physique ou psychique, il est impératif de la détecter et de réagir très vite pour la fuir. Seulement, c’est souvent par peur que l’on reste aux côtés de son bourreau. Je vais donc t’indiquer comme préparer cette rupture pour qu’elle se fasse dans les conditions de sécurité optimum. Voici donc comment préparer son départ d’un couple toxique.

3. Comment réussir sa fuite

liste

Assurer ses arrières

Pour commencer, il va falloir en parler avec une personne de confiance. Tu dois être sûr(e) qu’elle va garder ton secret. C’est indispensable, car si cela revenait dans les oreilles de ton ou ta partenaire, la situation pourrait devenir compliquée, voire incontrôlable. Tu mettras cette personne dans la confidence de ce qui se trame dans ton ménage, mais tu les expliqueras aussi ton plan de fuite. Cela pourra être important si tu as besoin d’aide ou simplement pour savoir ce qui se passe dans ton couple.

Ensuite, il va te falloir trouver un pied-à-terre dans lequel tu pourras être en sécurité pour t’y reposer et y vivre une certaine période. Cela peut-être un logement que tu loueras, ou encore un hébergement chez cette personne de confiance, un retour en famille, etc.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Pourquoi tombes-tu toujours sur de mauvais partenaires en couple ?

Le plus important, c’est que ce soit un environnement suffisamment rassurant dans lequel tu ne te sentiras pas en danger.

Je te conseille aussi, si c’est possible, de te préparer un petit pécule financier afin de pouvoir te retourner dans les premiers temps. Ce n’est jamais très simple, surtout de nos jours où toutes les transactions sont informatisées. Je préconise plutôt de prévoir du liquide que tu mettrais de côté petit à petit.

Préparer le plan de sortie et l’après

Pour commencer, tu dois songer à l’argent. Même si tu as réussi à te préparer un petit pécule pour ta fuite, il faut aussi penser à la suite. Or si tu n’as pas un compte bancaire personnel, il est indispensable d’en ouvrir un avant ton départ. Tu dois dès que possible après avoir déserté le domicile du couple, modifier les virements que tu devras dorénavant recevoir sur ce compte (Salaire, CAF, etc.). Pour les dépenses, c’est moins utile, à part peut-être ton forfait de téléphone.

Avant de tout quitter, il est important de préparer l’après. Il te faut donc t’assurer en amont que tu puisses continuer à te rendre sur ton lieu de travail. Tu veilleras également à pouvoir t’occuper et emmener à l’école tes enfants si tu prévois de les prendre avec toi.

Tu devras dès lors le plus rigoureusement possible échafauder un plan pour ton départ. Si tu dois utiliser des transports en commun, je t’invite à vérifier les horaires avec précision. Plus tu prépareras celui-ci et mieux il se passera. C’est une certitude. En plus, tu risques de penser au fur et à mesure que tu l’élaboreras à de nouvelles petites choses à régler.

La pire des situations serait d’attendre trop longtemps et de fuir sur un coup de tête ou par nécessité vitale sans rien avoir de prévu.

Prévoir un plan B

Je t’engage même à prévoir un plan B, au cas où tout n’irait pas comme programmé initialement.

C’est toujours préférable de savoir que l’on a une alternative, plutôt que de se retrouver dos au mur, sans trouver quoi faire ou encore dans quelle direction aller.


J’espère maintenant que tu seras mieux armé(e) pour réagir plus au plus vite lorsque la violence s’invite dans ton couple. Tu dois garder en tête qu’elle n’est jamais acceptable et que tu ne dois jamais chercher à la justifier. Il est impératif de prendre très rapidement une décision pour ta propre sauvegarde. Une fois que celle-ci est prise, il te faudra préparer ton départ. Toutes ces étapes sont cruciales pour éviter de finir par faire la triste une d’un grand média.

Je t’invite à me raconter dans les commentaires si tu as déjà subi des violences de la part d’un ou une de tes partenaires.

Cet article a 2 commentaires

  1. Laurent

    Article concret et intéressant… pour avoir travaillé avec des personnes victimes de violences conjugales, il est important de faire un travail sur l’estime de soi pour éviter les schémas bourreau-victime.

    1. C’est tout à fait vrai, seulement, il faut auparavant que la victime ouvre les yeux et réussisse à appeler à l’aide.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.