Interview – coup d’un soir – ce qu il faut en attendre ou pas

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Aurélie, qui m’avait déjà fait l’honneur de nous donner sa définition du bon amant, a favorablement répondu à ma demande. En effet, je souhaitais faire un article sur les coups d’un soir pour comprendre ce que l’on pouvait ou non en attendre. C’est donc avec un grand plaisir qu’elle s’est proposée de nous parler de son expérience personnelle. En effet, on ne doit pas espérer d’un coup d’un soir, les mêmes choses qu’un ou une partenaire de longues dates. Donc, je te laisse dès maintenant en compagnie d’Aurélie.

Les coups d’un soir, certains fabulent dessus, le plus souvent peut-être ceux qui se trouvent dans une relation monogame de longues dates, d’autres au contraire les considèrent comme d’outrageuses dérives de nos temps modernes, où le sexe serait devenu une consommation de pratiques à part entière, dénuée de sens et de respect.

Je suis une femme de 41 ans et les coups d’un soir sont la normalité de ma sexualité depuis plus de 20 ans. J’ai pourtant grandi bien loin de ce modèle-là, avec des parents mariés depuis 50 ans, fidèles et toujours amoureux qui m’ont transmis une éducation très classique où la sexualité ne faisait pas partie des sujets abordés. Les coups d’un soir, encore moins.

C’est donc à travers mon expérience que je vais tenter de vous parler de cette pratique.

Coup d’un soir aujourd’hui et coup d’un soir il y a 15 ans

Rallumer et entretenir la flamme amoureuse dans le couple
Pavel Danilyuk – Pexels-

Avant d’aller sur ce qu’il faut en attendre ou pas, je dois d’abord faire un point sur ce qu’est un coup d’un soir aujourd’hui et ce qu’était un coup d’un soir il y a 15 ans. Ou du moins, comment ils ont désormais lieu et comment ils arrivaient avant. Je trouve important de poser cette différence, puisque je les ai vus évolués au fil du temps et que si vous lisez cet article et que votre dernier coup d’un soir s’est passé il y a quelques années, la réalité aujourd’hui n’est plus la même qu’avant. En anglais, on appelle ça « one night stand », abrégé par « ONS » parfois sur les applications, même si ça reste un terme encore majoritairement utilisé par les anglophones.

Les premières années de ma vie sexuelle, je trouvais mes partenaires d’un soir tout simplement lors de sorties entre amis. Ce pouvait être lors de fêtes privées, dans des appartements, des maisons où j’avais été invitée sans connaître la majorité des invités, ou encore dans un bar, sur une piste de danse (souvent). Un regard, un rapprochement, parfois même pas de discussion, juste un effet chimique, une attraction, et on laissait nos instincts animaux et nos corps se parler. Si l’acte avait lieu dans le logement de l’un d’entre nous, on passait le plus souvent la nuit l’un avec l’autre et au petit matin, on partait. En catimini ou pas, tout dépendait du contexte.

Les coups d’un soir que j’expérimente désormais sont bien différents. Plus courts aussi, souvent, en terme de temps passé ensemble.

Alors, que s’est-il passé pour que la scène des rendez-vous coquins d’un soir change radicalement ?

Il s’est passé l’apparition d’abord des sites de rencontres et ensuite des applications de rencontres. J’ai cru au début que c’était mon mode de vie qui avait changé mon approche de ces rendez-vous sans lendemain. Qu’en vieillissant, mes amis étant tous casés, plus vieux, ne sortant plus, que j’avais naturellement donc moins d’occasions, moins d’opportunités de rencontrer des hommes. C’est en partie vrai, bien sûr. Mais, en fait, je me suis aperçu en rencontrant des hommes bien plus jeunes que moi, dans leur début de vingtaine par exemple, qu’eux aussi, finalement, pour rencontrer des femmes, ils passaient le plus souvent par ces applications de rencontre. Les occasions de rencontres spontanées, dans les bars, dans les soirées, pour les jeunes générations comme pour moi qui suis quarantenaire, finalement, c’est pareil : rare.

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Les réseaux sociaux puis le confinement ont, je trouve, fortement accentué cette tendance chez la population plus jeune qui sort beaucoup moins dans les lieux publics et préfère des soirées plus confidentielles entre amis, en petits comités, sans risque de voir une vidéo de soi circuler sur les réseaux le lendemain.

Pour ma part, la dernière fois que j’ai couché avec un homme que je n’ai pas rencontré sur application, ça remonte à des années.

Pourquoi avoir recours à un coup d’un soir ?

Que faire ?

Pourquoi avoir recours à un coup d’un soir ? Faut-il forcément être nymphomane pour une femme ? Infidèle pour un homme ? Besoin de se rassurer sur ses capacités à séduire ? Se poser ces questions, c’est éluder le fait que le couple monogame n’est pas le seul et unique modèle à suivre.

Pour ma part, je suis célibataire par choix et heureuse depuis toujours pour ainsi dire dans cette situation (j’ai été une fois dans une relation amoureuse exclusive, pendant 2 ans avec le même homme sans autre partenaire). J’ai également toujours fait la différence entre sexe et sentiment. J’ai connu le sexe en étant amoureuse, avec un même partenaire qui m’aimait et me comblait sexuellement. À ce jour, ma plus belle expérience sexuelle, c’est vrai. Parce que si sexe et sentiments sont deux choses distinctes, par expérience, je dis toujours que le sexe sans amour, c’est comme un plat indien sans épice : bon, mais souvent fade.

Mais faire le choix d’une vie hors couple, ça ne veut pas dire faire le choix d’une vie sans sexe. Au contraire. C’est l’une des choses d’ailleurs qui m’éloigne de la vie de couple, le constat des exemples que j’ai autour de moi où, dans la majorité des cas, le sexe finit par s’évaporer avec le temps, ou à devenir une routine sans piment, voire sans plaisir. Inconcevable pour moi qui considère le sexe comme les des plaisirs de la vie, comme peut l’être une bonne bouffe entre amis, un bon whisky, un bon cigare, un bon concert, un bon weekend à la découverte d’une région ou d’une ville.

En tant que célibataire, les coups d’un soir sont donc la seule manière que j’ai de partager du sexe, de partager des moments charnels, de sentir ma peau contre la peau d’un autre corps, d’être caressée, de donner des caresses, de la tendresse aussi, et d’en recevoir. Et de ne jamais me lasser. Chaque nouveau partenaire est une nouvelle surprise, une nouvelle expérience, un nouveau moment de vie partagé. Les coups d’un soir permettent aussi, grâce à la diversité des partenaires, de gagner beaucoup d’expérience sexuelle et d’apprendre à bien se connaître, par la force des choses.

Coup d’un soir – ce qu’il faut en attendre ou pas

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Que faut-il attendre d’un coup d’un soir ? À nouveau, par expérience, j’ai tendance à répondre « rien ».

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Mes rendez-vous d’un soir, puisque désormais, en passant par des applications, ce sont forcément des rendez-vous, je n’en attends rien. Parce qu’avoir des attentes pour ce genre de « rencarts » sans lendemain et donc sans engagement, c’est être sujet à la déception. Et la déception est toujours au rendez-vous quand on a des attentes, quand on imagine, quand on s’imagine. Parce qu’échanger par message virtuel, voir quelques photos sur un écran de smartphone, ça ne remplacera jamais la rencontre physique entre deux personnes. J’ai parfois eu des « dates », des rencarts, qui n’ont pas abouti à autre chose qu’un verre ou un café, parce qu’il n’y avait pas alchimie ou réciprocité de l’attraction physique. Parce que lorsqu’on parle de coup d’un soir, on parle évidemment d’une attirance physique, même si pour moi, comme pour pas mal de femmes il me semble, il me faut tout de même souvent une connexion cérébrale également. Cette sélection, je la fais en général en amont. En passant par les applications de rencontres, je ne rencontre pas un homme qui ne sait pas s’exprimer par message écrit, aligner deux phrases et ne pas être vulgaire.

Ensuite, niveau sexuel… C’est tellement aléatoire ! Il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu ! Coucher avec un partenaire d’un soir aujourd’hui, ce ne sera pas la même expérience que coucher avec ce même inconnu demain.

Alors, bien sûr, en ayant des rapports sexuels avec un inconnu, ça veut dire devenir intime avec quelqu’un qu’on ne connaît absolument pas, et qui ne nous connaît absolument pas. Il faut donc accepter la possibilité de ne pas être pleinement satisfait, parfois ne pas du tout être satisfait. Ça fait partie du jeu, c’est un peu la loterie. Et c’est bien pour cela que je dis qu’il ne faut pas avoir d’attente quand on s’aventure dans un coup d’un soir. C’est une aventure. La définition d’une aventure, c’est de ne pas savoir dans quoi l’on s’engage, tout en acceptant la prise de risque, mais aussi la découverte. Il faut aimer les surprises et les accepter comme elles viennent. Ce n’est donc pas adapté à ceux qui ont besoin de sécurité, par exemple.

Ensuite, coup d’un soir ne veut pas forcément dire artificiel comme beaucoup le pensent. Le moment partagé est sincère, réel. Le respect mutuel est là. Mes plus beaux coups d’un soir ne sont pas forcément ceux avec les partenaires les plus expérimentés ou qui m’ont donné le plus de plaisir sexuellement. Mes plus beaux coups d’un soir sont ceux où nous pouvions aussi nous retrouver nus après l’acte, sans malaise et discuter, rire, échanger sur des sujets politiques, le cinéma, les affaires courantes, les voitures, Starwars, ceux où l’un et l’autre avaient envie et besoin de donner et recevoir des caresses et des câlins post-coït, pendant parfois plusieurs heures.

En terme d’attente également, un changement que j’ai noté, et ce avec les coups d’un soir qui ont lieu désormais sur rendez-vous via les applis de rencontres, c’est que mes partenaires ont tendance à ne plus passer la nuit avec moi et à partir parfois très rapidement après l’acte (ça, j’avoue, ce n’est pas ce que je préfère, mais à nouveau, quand il n’y a pas d’engagement, on ne peut pas avoir d’attente et il faut respecter l’autre).

Quelques conseils pour une bonne expérience de sexe sans lendemain

couple et amour
Dainis Graveris – Unsplash

Je ne sais pas trop si « conseils » est le bon terme, en tout cas, je peux partager mes 20 ans d’expérience de sexe sans lendemain et ce que j’en ai appris. ?

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Pour moi, la chose primordiale, c’est le respect. Le respect de soi-même d’abord. Connaître ses envies, son désir, sa disposition du moment et ses limites. Se respecter, ça veut aussi dire être capable de dire non ou de refuser une pratique, ou simplement un rendez-vous qu’on décline, parce qu’on est fatigué, on n’a plus envie. C’est normal, ça arrive.

Le respect de l’autre aussi. Alors bien sûr, parfois, on a juste envie d’avoir du sexe, parce que nos hormones partent dans tous les sens. Ça ne veut pas dire ne pas respecter le partenaire choisi, ne pas l’écouter, ne pas le considérer, ne pas considérer ses besoins à lui.

Également, une bonne pratique pour les coups d’un soir, c’est de laisser place à la spontanéité, à la séduction, autant que possible. Même en passant par une application de rencontre, on peut laisser de la place à la séduction, se faire surprendre. Pour ma part, ça passe par ne pas ou peu poser de question à la personne que je vais rencontrer, garder du mystère. Je ne demande jamais de photos supplémentaires, je ne demande jamais les pratiques qu’il aime ou pas, le genre de partenaire sexuel qu’il est ou toute autre information pouvant m’orienter ou me laisser imaginer des choses, avoir des attentes. En laissant place à la spontanéité, à la surprise, à la séduction aussi qui doit avoir lieu, cela contribue à faire de ce coup d’un soir un moment plus agréable, il me semble.

Enfin, chose bête, mais le piège est de se rencontrer autour d’un verre et que le verre se transforme en de trop nombreux… Et ça, pour les messieurs, en terme d’activité sexuelle, c’est fatal et ça ruine tout ! Je parle là encore par expérience et désormais, je préfère même les rencarts sans alcool. ? L’alcool peut bien sûr aider à désinhiber, être utile dans ce contexte, mais il faut savoir passer à l’étape suivante avant qu’il ne soit trop tard ! Donc, consommation d’alcool pour un rendez-vous coquin avec un inconnu, pourquoi pas, mais avec modération. ?

Pour finir, il va sans dire que coup d’un soir, ça veut dire relation sexuelle protégée, avec préservatif, systématiquement, sans exception.


Je remercie une fois encore Aurélie de nous livrer sa vision de la sexualité qu’elle expérimente principalement, c’est-à-dire les coups d’un soir. C’est un choix personnel qui lui convient. Ainsi, elle t’a indiqué surtout ce qu’il ne fallait pas attendre d’une relation de ce type. Cependant, bien évidemment, toutes les rencontres ne sont jamais similaires. Il est important de s’assurer de l’entière adhésion de chacun dans ce genre d’interaction. En parler avant est souvent profitable. Une dernière chose, comme l’a précisé Aurélie, il est toujours indispensable de bien se protéger, le préservatif est obligatoire sans aucune exception. D’ailleurs si tu souhaites savoir comment l’enfiler dans toutes les situations, je t’invite à relire cet article pour bien savoir mettre un préservatif.

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