À quelle fréquence doit-on faire l’amour ?

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À quelle fréquence doit-on faire l’amour en couple ? C’est une question qui en taraude souvent plus d’un(e). En effet, y a-t-il un nombre d’or indiquant précisément la quantité de relations sexuelles idéales pour que le bonheur s’installe entre deux partenaires ? Le fait-on assez ? Doit-on faire la course avec le voisin ou la voisine que j’entends régulièrement se déchainer ? Suis-je normal est une question que beaucoup de personnes se posent. La fréquence des rapports charnels est une préoccupation pour beaucoup. Essayons d’y voir un peu plus clair.

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Avant toute chose, il me faut faire un point sur les enquêtes d’où proviennent les chiffres que je vais te donner. Bien souvent quand on demande spontanément à quelqu’un de rapporter sa fréquence de relations sexuelles, la tendance est en général de gonfler légèrement la réponse. C’est pour deux raisons principalement, la première étant de ne pas passer pour un mauvais coup, et l’autre est aussi pour se rassurer soi-même. Il faut donc prendre ces chiffres pour ce qu’ils sont, c’est à dire des moyennes issues d’enquêtes et surtout de ne pas culpabiliser si pour toi c’est totalement différent.

1. Es-tu au-dessus ou au-dessous de la moyenne ?

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En réalité, il n’y a pas de réponse juste à la question de la bonne fréquence de relations sexuelles dans un couple. Les moyennes qui vont suivre sont dès lors plutôt indicatives.

En fonction de l’âge

La fréquence va fortement varier en fonction de la génération des participants (étude de l’institut Kinsey qui commence à dater un peu). La vigueur, le temps de récupération, mais également le taux hormonal joue un rôle important dans la libido et l’envie de rapports.

C’est pourquoi le pic est atteint par les personnes âgées de 18 à 29 ans avec une moyenne de 112 rapports par an. C’est-à-dire un acte tous les trois à quatre jours. C’est aussi le temps que mettent les testicules à retrouver leur remplissage maximal.

Chez les 30-39 ans, la moyenne chute aux alentours de 86 coïts par an. Soit une fois tous les quatre à cinq jours. Comme tu le vois, la décroissance est lente.

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Cela baisse encore chez les 40-49 ans avec un nombre de rapports moyen de 69 (n’y voit aucun rapport avec les pratiques buccales). C’est donc un jour sur cinq ou six.

Au-delà de 50 ans, cela va fortement dépendre de l’état physique de chacun. Cependant, il est constaté chez les femmes ménopausées un regain d’activité lorsque leur partenaire est aussi en demande.

En fonction de la durée de la relation

D’après cette étude de H. LERIDON réalisée en 1993, le nombre de relations charnelles diminue en fonction de la durée de la liaison. Il passe par exemple de 13 rapports par mois quand le couple a moins d’un an, à seulement 7 après 15 ans de vie commune.

On remarque cependant un regain du nombre de rapports sexuels après 5 ans d’existence ensemble. On peut y voir l’effet de progéniture qui devient plus autonome et dont il faut alors moins s’en occuper. Cela laisse aux parents plus de l’attitude pour s’amuser à deux.

Les deux années après une naissance sont souvent les périodes où il y a le moins de rapports dans le couple.

2. Pourquoi la fréquence des rapports change-t-elle au fil de la vie ?

Que faire ?

Il me semble important d’essayer de comprendre pourquoi la récurrence évolue ainsi. En effet, on pourrait se dire que si l’amour est toujours là, que la libido ne devrait pas fluctuer. C’est donc plutôt sur ces variables qu’il faut ajuster si tu souhaites avoir des relations plus nombreuses.

L’âge

Pourtant on l’observe facilement, l’âge des partenaires fait augmenter la fréquence moyenne d’une journée d’écart à chaque dizaine.

Cela peut s’interpréter d’une part à cause de nos activités trop sédentaires qui provoquent plus rapidement une difficulté devant l’effort.

C’est aussi relié aux taux hormonaux qui déclinent avec l’âge. Il va avoir un impact sur la libido.

La fatigue

Un autre facteur déterminant est la fatigue liée à notre mode de vie. Le métro-boulot-dodo est usant pour le corps, mais aussi pour le couple. Après une journée de travail bien remplie, les diverses tâches ménagères indispensables, les éventuels devoirs des enfants, les partenaires n’ont plus qu’une chose en tête le soir, c’est de se reposer. Cela permet surtout d’affronter de nouveau la journée harassante du lendemain.

Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que d’après l’étude précédemment citée, le jour de la semaine où les rapports sont les plus nombreux sont les vendredis et les dimanches. Le vendredi offre la possibilité de se lâcher un peu plus, car on peut dormir plus longtemps le samedi matin. Le dimanche est une journée où l’on se sent traditionnellement plus relaxé.

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La famille s’agrandit

L’autre facteur à ne pas méconnaître est l’arrivée des enfants dans le foyer. Même s’ils sont source de joies, de bonheur et de plaisir, ils apportent aussi de la fatigue. Ils nécessitent de passer plus de temps en leur compagnie, surtout quand ils sont bébés.

De plus, il ne faut pas non plus négliger la période d’intimité qui se trouve alors fortement réduite par la présence des enfants lors de leur phase d’éveil.

La routine

Je vais terminer sur ce dernier point qui vient malheureusement s’ajouter à tous les autres, quelle que soit ta situation. Je vais te parler de la routine. En effet, au bout d’un moment, on se retrouve presque inexorablement à faire et refaire les mêmes actions, dans les mêmes positions et dans les mêmes lieux. De cela, ton cerveau n’en est vraiment pas friand et va te le faire comprendre en te donnant de moins en moins de plaisir après chaque répétition.

Pour casser cette routine, tu dois donc assez régulièrement amener de la surprise et de la nouveauté dans tes ébats. Ce n’est pas toujours très simple et demande des efforts constants.

Comme tu le vois, il y a plusieurs barrières qu’il faut souvent affronter pour réussir à conserver une sexualité fleurissante.

3. Est-il obligatoire de faire l’amour en couple ?

couple et amour
Dainis Graveris – Unsplash

En réalité, est-il incontournable d’avoir des rapports sexuels en couple ? Une fréquence élevée de relations charnelles est-elle l’apanage des ménages heureux ? Il n’y a fort heureusement pas de vérité absolue à ce propos.

Ceux qui ne le font plus

Même si les chiffres sont difficiles à obtenir entre ceux qui font très très rarement l’amour (moins d’une fois par an) et les couples qui ne pratiquent plus du tout, il semblerait que cela ne représente cependant que moins de 8 % des duos.

C’est multifactoriel en réalité. Cela peut provenir d’une insuffisance de libido, mais également d’une habitude perdue, d’un manque de plaisir, d’un agenda trop rempli, etc.

Ce n’est pas pour autant que le couple ne se porte pas bien. Certains le vivent d’ailleurs bien mieux puisqu’ils n’ont plus cette injonction de devoir s’adonner à cette activité qui reste pour eux annexe.

Il est dit que l’argent ne fait pas le bonheur, mais qu’il y contribue. Et bien, j’aurai tendance à répondre que pour la sexualité, c’est la même chose. On peut en effet être heureux en couple sans sexualité, mais une sexualité épanouissante aide grandement à trouver le bonheur à deux.

Ceux qui ont un rythme différent

Il y a aussi des couples qui sortent totalement des moyennes, quels que soient leur statut et leur tranche d’âge.

Pour certains, ce sera seulement quelques rapports épisodiques dans l’année et pour d’autres s’il leur faudra plus d’une relation intime par jour. La disparité est donc grande entre ces deux extrêmes.

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Pourtant, dans un cas comme dans l’autre, les actes charnels peuvent être ou non satisfaisants pour chacun. Il n’y a ainsi pas de règle. Le plus important est que la fréquence des rapports soit en phase avec les envies de chacun dans le couple en y prenant le plus souvent possible un maximum de plaisir.

Ceux qui se forcent

Lorsque l’on ne se trouve pas dans ce cas, il est possible qu’un des deux partenaires se sente alors obligé de se forcer pour faire plaisir ou pour satisfaire l’autre.

Cela peut aussi arriver quand il faut absolument coller aux codes de la société qui dictent d’avoir plus de 2 rapports par semaine pour réussir sa vie de couple. Il est fréquent de lire cela dans certaines presses où il est nécessaire de faire du buzz.

Pourtant, en se contraignant, il est rare d’éprouver du plaisir.

C’est cependant la seule chose qu’il est fondamental de chercher dans ses rapports. Je parle ici de ton plaisir, celui de l’autre, le plaisir d’en donner et celui d’en recevoir. C’est vraiment ce qui compte dans ces moments charnels. Donc si la satisfaction n’y est pas, il est préférable d’essayer de comprendre pourquoi afin peut-être de faire différemment, plutôt que de se forcer et d’entrer ainsi en une relation plus pathologique qu’autre chose.

Cela peut facilement déboucher d’ailleurs chez la femme à du vaginisme.


En résumé, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises fréquences à avoir des rapports intimes. Le plus important est que cela corresponde aux deux membres du couple et que chacun se trouve satisfait. En réalité, l’élément primordial n’est pas le nombre d’occasions, mais plutôt l’intensité du plaisir que l’on prend. Il est donc essentiel que tu essayes chaque fois, de passer et de faire passer à tes partenaires, le meilleur moment possible dans le partage du plaisir. C’est un moment d’échange intense qui ne se fait pas qu’au niveau physique qu’il est donc bon d’apprécier.

Je te propose de me dire dans les commentaires, s’il y a une différence entre le nombre de rapports que tu as et le nombre de rapports que tu aimerais plutôt avoir et pourquoi.

Cet article a 4 commentaires

  1. Marie de Karma-Santé

    Je constate qu’une fois de plus les hormones peuvent avoir un rôle important, comme pour le sommeil, la concentration, la joie, …, et que nous ne sommes pas assez sensibilisés à cela. Il se peut que des personnes ne soient pas sur le même rythme peut-être parce que un des 2 a une défaillance au niveau de ses hormones, et non pas parce qu’il est moins intéressé par son ou sa partenaire.
    C’est très intéressant de s’intéresser à cela.

    1. Merci Marie. Il ne faut en effet pas oublier que nous ne sommes qu’une machinerie chimique au final. Tout notre fonctionnement interne ne repose que sur des échanges d’éléments. Tout est donc fortement lié.

  2. Aline

    En plus de tous les facteurs qui tu cites, je pense que nous sommes tous différents, avec une dynamique énergétique différente (certains ont plein d’énergie à revendre tout le temps alors que d’autres doivent davantage se reposer et refaire le plein) et que même si cela se manifeste dans tous les domaines de la vie, c’est aussi valable pour la sexualité et du coup la fréquence des rapports 🙂

    1. Merci pour cette précision. En effet, cela peut contribuer, même si cette énergie peut être dépensée dans différentes activités qui ne sont pas nécessairement sexuelles.

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