Masturbation et culpabilité

Masturbation et culpabilité

Avant d’entrer dans le vif du sujet de la culpabilité liée à la masturbation, commençons tout d’abord par une petite devinette.

Pourquoi dit-on que la masturbation rend sourd(e) ?…

C’est tout simple, pendant la masturbation ce sont les oreilles qui travaillent le plus. En effet, elles sont toutes les deux en écoute intensive, pour ne pas te faire surprendre par l’arrivée de ta mère.

Qui ne s’est jamais trouvé(e) honteux(se) par des actes, dont la morale dit qu’ils ne sont pas toujours recommandables ? J’imagine que si tu es en train de lire cet article, c’est que tu te poses, ou t’es déjà posé, des questions sur ta pratique de la masturbation. C’est en effet une pratique solitaire que l’on réalise généralement secrètement.

D’où vient la culpabilité pour la masturbation

Il est difficile de savoir précisément depuis quand la masturbation s’est pratiquée. Cependant lorsque l’on regarde dans le monde animal, les animaux qui sont capables de jouer avec leur sexe ne s’en privent pas. Il est donc tentant de penser que depuis que l’humain est ainsi fait, il a toujours plus ou moins eu recours à l’autostimulation.

Le rôle de la religion

Masturbation, religion et culpabilité

La religion dans ses fondements n’accepte pas la masturbation. Si tu veux en connaitre l’origine, je t’invite à lire cet article. Ainsi, seule la procréation doit donner lieu à une relation sexuelle pour la chrétienté tout au moins. Or depuis plus de 2000 ans, cette parole portée par les ecclésiastiques a fortement marqué nos esprits.

Un société très puritaine

Pour terminer sur l’origine du tabou de la masturbation, il faut aussi voir que le dernier siècle a été très puritain. La sexualité fut fortement censurée. Il ne fallait surtout pas la mentionner. Les seules évocations permises étaient dans le lit conjugal ou dans des lieux de plaisir bien définis. Ailleurs, il fallait que la morale soit sauve. La masturbation quand elle se pratiquait restait secrète. Aucune mention ne filtrait à qui que ce soit. Elle était très rare alors chez les femmes et juste un peu moins rare chez les hommes.

On comprend donc aisément le côté blasphématoire et honteux de la masturbation, qui pousse ainsi fortement à la culpabilité.

Est-elle différente suivant le sexe du pratiquant ?

Masturbation, culpabilité et féminité

Chez la femme, le sexe a longtemps été considéré comme sale. D’ailleurs l’expression « souillée » qui décrit une femme qui vient d’être pénétrée, montre bien les pensées d’alors. En couvrant la femme, l’homme la rend impure et sale. Dans l’éducation, par les mots employés, le sexe des femmes est donc resté un endroit tabou. Les petites filles ont hérité de ces idées par leurs mères et grand-mère, qui elles-mêmes les avaient apprissent de leurs aïeules. Bien entendu, on apprenait à ces petites filles qu’il ne fallait pas toucher leur sexe. Que leur corps devenait impur pendant leurs règles. Et surtout, les femmes avaient souvent une forte méconnaissance de leur intimité. Empêchée de l’explorer, il leur était difficile d’apprendre seule, les pratiques masturbatoires.

Il ne faut pas oublier non plus qu’avant les familles habitaient dans des petites maisons. Il était fréquent de dormir avec ses frères et sœurs pour des questions de places et de chauffage également. Tu peux donc facilement imaginer que cela n’aidait en rien l’auto apprentissage et l’érotisation de son propre corps. Ainsi, la masturbation féminine a longtemps été absente des pratiques. Forte heureusement, les jeunes filles d’aujourd’hui, grâce aux programmes scolaires d’éducation sexuelle, mais aussi par l’éducation parentale, sont plus à même à pratiquer. C’est d’ailleurs pour cela que les statistiques sur la masturbation féminine montrent une plus grande pratique qui ne fait qu’augmenter depuis plus de 50 ans. Les complexes tombent, les tabous aussi et très certainement la culpabilité avec eux.

L’homme, un être sans scrupule ?

Chez l’homme c’est un peu aussi la même histoire. Et même si le petit garçon avait plus souvent tendance à toucher son sexe (pour faire pipi par exemple), il n’en reste pas moins que la masturbation était mal vue. Religieusement, c’était même un péché. Cependant, le petit garçon était, à cause des érections matinales, un peu plus alerté que les filles, des secrets étonnants de son corps. Comme je l’expliquais plus haut, la promiscuité interdisait souvent l’isolement, qui aurait pu faciliter les découvertes de son corps. Et puis comme c’était fortement mal vu, les châtiments corporels étaient fréquents. Seuls les plus téméraires s’y aventuraient. Ainsi la pratique de la masturbation est restée confidentielle aussi chez les hommes.

Cependant, il faut noter que ces messieurs avaient à leur disposition les maisons closes et les prostituées. Cela leur permettait de se libérer sexuellement sans recourir à la masturbation. De plus, après la Seconde Guerre mondiale, les magazines pour hommes ont vu le jour et ont permis finalement une justification de la masturbation comme mécanisme de la relance économique. Après les magazines et leurs photos aguichantes, ce fut l’âge d’or du cinéma de charme et pornographique pour atteindre un apogée à la fin des années 70. C’est à travers internet qu’aujourd’hui, ces contenus sont très facilement disponibles. Il est donc vraiment simple de comprendre pourquoi les hommes ont bien plus pratiqué la masturbation que les femmes. Aujourd’hui, les statistiques indiquent que presque tous les hommes interrogés déclarent se masturber. Il semble que les hommes aient depuis longtemps eu beaucoup moins de culpabilité que les femmes vis-à-vis de leur corps et de leurs besoins sexuels.

La promiscuité favorise la culpabilité pour la masturbation

La problématique de la promiscuité commune aux deux sexes peut aussi donner un sentiment de culpabilité lorsqu’il faut se cacher ou s’enfermer, dans la salle de bain de la famille par exemple, pour pratiquer. Il est vrai que la douche ou le bain est un endroit propice pour pratiquer. Ce lieu alliant tranquillité, chaleur et détente.

Après avoir vu comment était perçue la masturbation suivant le genre, intéressons-nous à une autre facette culpabilisante, celle de pratiquer lorsqu’on est seul ou lorsqu’on est en couple.

Quel type de culpabilité peut-on avoir si l’on est seul ou en couple ?

Pratique en solitaire

Lorsque l’on est seul(e), célibataire, veuf(ve) ou divorcé(e), il n’est pas toujours évident d’avoir une sexualité épanouie avec un(e) partenaire. Il semble donc tout naturel d’avoir recours à la masturbation pour apaiser ses pulsions, mais aussi s’offrir de petits moments de plaisirs. Cependant, la culpabilité peut surgir pour gâcher ses moments. En effet, si tu es seul(e), tu peux voir le plaisir solitaire, non pas comme un accomplissement, mais comme un pis aller, une béquille, un détournement, d’une sexualité que tu peux penser authentique à deux. La question à te poser est celle-ci. En quoi pratiquer la masturbation va-t-elle nuire à ton existence et en quoi est-elle toxique pour retrouver un(e) partenaire ? À toi d’y apporter ta propre réponse.

Avoir une vie sexuelle même si elle reste solitaire est souvent mieux qu’une vie de privations sous prétexte que l’on n’est pas en couple. Trop d’abstinence conduit inévitablement à tarir la source de l’envie et du besoin. Certes, tu n’auras plus d’envie ni de besoin au bout d’un certain temps, mais qu’arrivera-t-il si tu rencontres à nouveau un(e) partenaire ? Je dirais que c’est un peu comme une voiture, si on ne la fait pas rouler de temps à autre, c’est le jour où l’on veut s’en servir qu’on se rend compte qu’elle ne fonctionne plus. Certes, il est alors toujours possible de la réparer, mais à quel coût !

Et dans le couple ?

couple, masturbation, culpabilité

Lorsque l’on est en couple, la question de la masturbation peut, elle aussi se poser pour celui qui serait tenté de pratiquer. En effet, être en couple signifie avoir un potentiel sexuel avec ta ou ton partenaire, qui de son côté doit avoir des envies. Alors, pourquoi pratiquer la masturbation ? Cela peut venir d’un manque de plaisir lors des relations de couple. Si c’est le cas, il est alors utile d’en parler à ton ou ta partenaire pour qu’ensemble vous envisagiez une sexualité plus épanouissante à deux. Cependant, il peut aussi s’agir d’un besoin personnel de se faire plaisir. En effet, il ne faut pas se le cacher, le plaisir masturbatoire est totalement différent du plaisir sexuel en couple. Ce sont donc comme deux plats différents que nous prenons plaisir à déguster de temps à autre dans un restaurant. Il n’y a donc pas dans le couple de contre indication, tant que la masturbation n’altère pas la relation.

As-tu déjà pratiqué la masturbation, alors que ta ou ton partenaire était juste à côté de toi, sans qu’il s’en rende compte ? Parce qu’il/elle était en train de dormir par exemple, ou encore qu’il/elle était occupé/e à une tâche immersive ? Si c’est le cas, alors tu en as peut-être ressenti de la culpabilité de cette pratique solitaire et un peu égoïste. Si la situation peut t’exciter sur le moment. Cet instant aurait pu être partagé pour un câlin plus plus à deux.

Mais dois-tu le dire à ton ou ta partenaire ? Non, pas nécessairement à part s’il/elle te pose directement la question. Tu pourras ainsi lui répondre et lui demander la même chose en retour. Cela égaillera vos conversations et permettra de vous connaitre encore mieux.

Comment ne plus culpabiliser ?

Si malgré tout ce que j’ai pu te dire jusque là, tu culpabilises encore, je vais finir par ces trois points pour te convaincre qu’il n’y a aucune honte ni culpabilité à avoir.

C’est la nature

Pour commencer, c’est tout à fait normal, comme je le disais dans une vidéo précédente, c’est un acte que la nature nous a permis de faire. Notamment pour la femme qui a un organe uniquement dédié au plaisir, le clitoris. Il n’existe pas de mode d’emploi de l’homme et de la femme. Il semble évident que vu la longueur de nos bras, l’autostimulation semble bien faire partie des bienfaits de l’évolution qui nous ont conduits à réussir notre développement. Pourquoi se laisser diriger par des idéologies théologiques ancestrales pour dicter notre conduite actuelle ? En tout cas pour tout ce qui touche à notre propre corps, est-ce approprié ?

Tant que cela reste raisonnable

La masturbation ne devrait pas te culpabiliser, c’est une pratique tout à fait acceptable. Quel que soit l’âge à laquelle tu la pratiques, si tu en ressens le besoin ou l’envie, il serait dommage de culpabiliser et de se l’interdire. La masturbation est tout à fait acceptable et reste raisonnable tant qu’elle n’altère pas ta vie personnelle. En effet, si tu sens que tu deviens dépendant d’elle, à cause d’une trop grande consommation de pornographie. Mais cela peut aussi passer par l’achat répété de sextoys pour toujours plus de plaisirs solitaires. Là effectivement, il est peut-être temps de commencer une pause en limitant l’exposition à la pornographie et aux jouets sexuels. En te tournant vers une sexualité avec un ou une partenaire, tu retrouveras ainsi un équilibre sain, entre pratiques à deux (ou trois ou quatre, c’est toi qui vois) et la pratique solitaire.

Un bienfait pour la santé

santé, masturbation culpabilité

Pour finir, la masturbation tout comme l’activité sexuelle sont excellentes pour le corps, la santé, la sérénité, etc. J’en parle ici. Il est bon de pratiquer, seul, à deux, ou plus. Tant que cela ne devient pas compulsif ni une traque non-stop au plaisir à outrance, alors il ne faut pas t’en priver. De plus pour le couple, c’est aussi une excellente pratique. Ainsi tu vas mieux connaitre les réactions de ton corps. Plus tu vas maitriser l’approche de l’orgasme et plus tu seras capable de repousser ce moment lorsque tu le souhaiteras. C’est important pour les personnes souffrantes d’éjaculation précoce par exemple. Cela n’en sera que plus bénéfique pour ton couple et finalement aussi pour toi. C’est donc un double gain.

Quand internet s’en mêle, la culpabilité lors de la masturbation change

Avec les plateformes numériques dédiées aux échanges par cam, la masturbation change un peu de visage. Ces applications, qu’elles soient sur smartphone ou sur un navigateur, permettent de mettre en relation visuelle des personnes entre elles. Il y a deux types de sites. Ceux qui proposent des réunions en tête à tête, très similaires à une application de rencontre. Mais il existe aussi des sites dérivés des peep-shows que l’on trouvait dans les sex-shops où une femme (généralement), s’exhibe et se caresse devant des mateurs internautes qui se paluchent également de leur côté. Ainsi, la masturbation pratiquée ainsi, n’apporte pas forcément la même forme de culpabilité, puisqu’elle semble ainsi partagée. Ce n’est plus un plaisir solitaire, mais plutôt un partage visuel et auditif. Chacun de son côté ne montrant que ce qu’il a bien envie de partager (bien souvent uniquement les parties intimes). Même si cette pratique s’apparente plutôt à une « relation » sexuelle à distance, cela reste un acte masturbatoire pour les partenaires. Doit-on y voir une décadence ou un progrès social ? Tout dépend évidemment des attentes de chacun.

Il est facile de comprendre que la pression exercée par la religion, mais aussi celle de la société, a beaucoup trop stigmatisé la masturbation. Celle-ci a été longtemps considérée comme impropre. Les châtiments corporels étaient fréquents lorsque un enfant était pris « la main dans le sac ». Fort heureusement, les mœurs ont bien évolué et même si la masturbation reste encore profondément tabou. Même si elle reste secrète, la masturbation est de plus en plus pratiquée par les hommes et les femmes sans une aussi grande culpabilité que par le passé. Et c’est tant mieux !

Ci-dessous, je te propose de regarder la playlist regroupant les vidéos sur la masturbation.

Partager l'article

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu
id dolor pulvinar Sed nunc venenatis, adipiscing at efficitur. porta.