Comment se soigner de l’addiction à la pornographie

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Une consommation à outrance de pornographie peut-elle être néfaste pour toi ? Peut-elle avoir un impact sur ta sexualité et ta libido ? Est-il possible de devenir accro ? Quelles en sont alors les conséquences ? C’est à ces questions et bien d’autres que je vais répondre dans cet article. Je t’indiquerai dans la seconde partie comment mieux consommer le porno pour que celui-ci ne te soit pas nocif.

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Pour bien commencer cet article, il me semble important de définir ce que l’on appelle une addiction à la pornographie.

1. Une addiction au porno, qu’est ce que c’est ?

Scène pornographique

Quand parle-t-on d’addiction à la pornographie ?

Pour que l’on parle d’addiction, il faut que 4 critères soient réunis :

  • Il doit y avoir une envie irrésistible de consommer.
  • Cet usage doit également engendrer des effets négatifs sur le comportement.
  • La consommation doit être compulsive.
  • Et pour finir, elle doit au moins être faite sur une longue période (plus de 6 mois non-stop).

Cela limite donc déjà considérablement la caractérisation d’une addiction. Il est aussi nécessaire de comptabiliser en plus du visionnage de contenus pornographiques traditionnels, les jeux de rôles sexuels en ligne, les sites de « cam », etc.

Lorsqu’il y a de la souffrance, une masturbation compulsive ou des activités pathologiques sur internet, il faut commencer à sérieusement s’en préoccuper. Cependant, d’après Laurent Karila, psychiatre spécialisé dans les comportements addictifs à l’hôpital Paul Brousse, il n’y a pas à proprement parler d’addiction à la pornographie. Il pense plutôt que c’est la sexualité qui est compulsive et qui fait consommer de la pornographie.

En réalité, la perception d’une consommation excessive et donc d’une activité masturbatoire trop importante va dépendre de chaque individu. Certaines personnes vont trouver que deux stimulations par semaine c’est beaucoup trop, alors que d’autres n’auront aucun souci à pratiquer plus de deux fois par jour. Il faut par conséquent plutôt voir si cela génère des troubles dans ta vie.

Quels troubles peut-elle produire ?

D’ailleurs quels sont ces troubles que l’on rencontre fréquemment ?

Pour commencer, il y a les troubles de l’érection. Elle peut avoir du mal à se mettre en place sans cet accès à la pornographie. Comme toujours, cela est lié au cerveau qui se conditionne très vite avec certains automatismes. L’érection devient alors de plus en plus délicate à obtenir au fil du temps. Comme pour chaque dépendance, il faut dès lors de plus en plus de sollicitation pour procurer le même effet.

L’effet d’accoutumance induit également des difficultés à l’excitation. Pour que celle-ci décolle, il sera nécessaire d’accroitre les stimulations. Cela peut petit à petit réduire voire faire disparaitre toute libido avec un ou une partenaire. Tu risques en conséquence de trouver plus fade la vie sexuelle réelle par rapport aux représentations électroniques souvent plus intenses.

Ce contexte peut alors amener de la souffrance et un mal-être qui surviennent quand on se rend compte de la situation dans laquelle on vient de tomber. Si celle-ci perdure, le danger d’entrer dans la déprime devient de plus en plus important.

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La pornographie influence-t-elle ta sexualité ?

Il peut aussi être intéressant de se demander si ton usage intensif de pornographie ne va finalement pas modifier ta sexualité.

En effet, on voit souvent certains médias s’affoler de pratiques et de violence accrues dans la sexualité à cause des contenus de plus en plus hard que l’on peut facilement trouver sur la toile. Or à y regarder de plus près, il n’est pas certain que cela génère un effet pervers. Du reste, par défaut, tu vas chercher des productions qui vont t’attirer et t’exciter. Ce n’est donc pas forcement des techniques que tu découvres, mais plutôt que tu contemples sous différents angles.

D’ailleurs dans une enquête « Les jeunes, la sexualité et internet » de juin 2020 faite auprès de 1500 jeunes de 18 à 30 ans, Arthur Vauttoux, maître de conférences à la Sorbonne, expliquait que la majorité des jeunes interrogés comprenaient que ces productions étaient fictionnelles. Ils se rendent compte que certaines pratiques sont exagérées et qu’elles ne reflètent pas la réalité.

Cependant à côté de cela, on constate également que la pornographie fait naitre des frustrations et des complexes sur la forme de leur sexe aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

La pornographie grand public laisse souvent de côté le plaisir féminin pour mettre en exergue l’éjaculation masculine en montrant des flots de sperme s’écouler le long de chibres bien tendus.

Le porno va de même banaliser certains comportements à l’image de la sodomie qui est devenue un incontournable, mais qui n’est pratiquée qu’occasionnellement par un peu moins de 30 % des couples. Ils ne sont plus que 7 % à la pratiquer régulièrement (Enquete Ifop 2019). On est donc très loin des usages dans les productions X qui la systématise à chaque rapport hétéro.

Une surenchère néfaste liée au marché

Le cerveau s’habituant à tout, il est nécessaire de toujours en faire plus pour atteindre le même résultat. La pornographie n’y fait pas exception. Il faut alors de plus en plus de contenu ou des scènes de plus en plus intenses pour arriver à une excitation permettant d’accéder à la jouissance.

Cette course du consommateur est aussi exacerbée par les sites éditeurs qui doivent constamment faire dans la surenchère pour se distinguer. En effet, le marché de la pornographie est très concurrentiel et chacun cherche à sortir du lot. On pourrait dire que cela pourrait profiter aux consommateurs si la qualité primait. Or on peut aisément constater que le règne est plutôt celui de la démesure.

C’est donc une double course qui s’opère avec d’un côté l’industrie du X qui produit de plus en plus et de l’autre des consommateurs qui en veulent davantage. On retiendra que cette course se fait bien trop souvent au détriment de la qualité.

Là, tu dois te dire que finalement la pornographie, c’est le mal absolu. Il est en train de me dire que je ne devrais pas en regarder. C’est vrai, dans un sens, cela peut être néfaste, cependant, il y a de bonnes façons de la consommer.

2. La bonne pratique de la pornographie

une femme sexy à Noël

Une thématique souvent dénoncée

La pornographie a très souvent mauvaise presse. Elle est dénoncée par beaucoup comme étant la cause de tous les maux. Il est reconnu que la profession ne suit pas toujours de code déontologique.

Les réactions les plus vives proviennent des mouvements féministes. Dans le porno, même si les femmes sont largement présentées sous toutes les coutures, la vision de la sexualité reste très machiste. On voit bien souvent les femmes utilisées comme de simples objets permettant de faire cracher le poireau. Il est donc facile de comprendre la colère féministe à leur sujet.

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Le plaisir féminin est souvent absent. Il est vrai que contrairement au plaisir masculin, il n’est pas très photogénique. Voilà pourquoi on a aujourd’hui une sacralisation des femmes fontaines qui sont, dans le porno, assimilées au phénomène d’éjaculation féminine. C’est une manifestation tout autre qui n’est pas nécessairement liée à l’orgasme. Mais comme cette fois c’est très photogénique, elle est de plus en plus présente.

Est arrivé également ces dernières années le mouvement #NOFAP qui préconise l’abstinence masturbatoire durant un mois. Aucune étude sérieuse ne montre les avantages d’une telle abstinence. C’est uniquement un challenge pour soi-même. Ce mouvement ne présente que peu d’intérêt objectivement.

Existe-t-il du bon porno ?

Faut-il pour autant se garder de toute consommation pornographique ? En réalité, le sevrage total ne fonctionne pas. D’ailleurs, c’est exactement comme les régimes alimentaires, bien souvent, la rechute est généralement pire que l’état initial. Ce n’est donc pas une réponse sur le long terme.

La solution ne serait-elle pas dans la sélection plus drastique du contenu visionné ? Le problème, c’est que la pornographie la plus consommée est celle que l’on trouve gratuitement sur internet. Tu sais, celle qui est habituellement entourée de pleins de pubs. De plus avec l’émergence du web 2.0, ce sont maintenant des réalisations amateurs que tu vas retrouver en première ligne.

La qualité n’est généralement pas au rendez-vous, même si parfois les productions amateurs sont bien plus réalistes que les professionnelles. Cependant, pour certaines personnes, toi peut-être, voir la réalité ne fait peut-être pas toujours envie.

Malheureusement, bien souvent, la qualité a un coût. Les sites proposant des contenus plus intéressants, comme la pornographie féministe, sont fréquemment soumis à paiement. Cela peut être un paiement à l’acte ou en achetant un titre. Pour un consommateur compulsif, il faut avoir alors un solide compte bancaire pour suivre.

Je t’invite dès lors à consommer de façon plus qualitative sans chercher constamment la surenchère.

Comment revenir à une consommation qui ne fait plus souffrir ?

Voici donc comment tu devrais plutôt visionner la pornographie. En réalité, ce n’est pas la consommation qui est le réel problème, mais c’est de regarder en même temps que de se masturber.

En effet, tu vas ainsi habituer ton cerveau à recevoir ces stimuli visuels pendant ta pratique pour venir alimenter ton excitation. Or, ce que tu vois dans ces productions n’est jamais la vision réelle quand tu as une relation sexuelle avec un ou une partenaire. Les points de vue sont évidemment différents. C’est une des raisons qui va affaiblir l’excitation ressentie avec tes partenaires. Pour y faire face, tu vas regarder de plus en plus et c’est un cercle vicieux qui se met en place.

Ainsi, pour éviter l’installation de celui-ci, il faut impérativement découpler l’action de visionner et la masturbation. Donc, dans un premier temps, tu vas regarder le porno. Cela devrait commencer à faire monter doucement l’excitation. Tu vas alors avoir l’envie de porter ton attention et tes mains (ou jouets) vers ton sexe. Cependant, tu n’en feras rien. Tu arrêteras alors le flux visuel en l’éloignant ou encore mieux en le coupant.

Ensuite, tu utiliseras ton imagination pour poursuivre la scène ou pour t’en inspirer pour produire ton propre film mental avec les partenaires qui te stimulent. Tu pourras dès lors entamer ta phase masturbatoire.

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Cette façon de procéder va te permettre de reprendre le pouvoir d’excitation en faisant travailler ton esprit et donc ta boite à fantasmes. Je te le rappelle que ce sont eux les moteurs de la libido.

Ta masturbation ne sera ainsi plus guidée par ta vision, mais bien par ton imagination.

Comment sortir de l’addiction ?

Maintenant que tu sais comment bien utiliser le porno, je vais t’indiquer comment réduire ta consommation.

Bien sûr, comme tout sevrage, cela demande des efforts constants de ta part. Il sera aussi très facile de retomber dans ton addiction si tu n’y prends garde.

La méthode n’est surtout pas de tout stopper d’un coup, c’est, comme je le disais plus haut, totalement contre-productif. Il faut plutôt envisager la décroissance de la consommation.

Bien souvent, la masturbation est une activité que l’on pratique lorsque l’on ressent de l’ennui. La première des choses à faire est donc de s’occuper un peu plus. Je te conseille par conséquent d’éviter les comportements passifs comme regarder des écrans pour te tourner vers des activités qui nécessitent ta concentration.

Les pulsions sexuelles pouvant être très fortes, tu risques tout de même d’avoir des « démangeaisons de l’entrejambe » qui t’indiqueront que tu as envie de passer à l’acte.

Le but est de diminuer tes masturbations par deux à chaque palier. Je ne vais pas pouvoir te donner de chiffres précis, mais plutôt un exemple, car les fréquences masturbatoires sont propres à chacun(e).

Imaginons une personne consommant, de la pornographie 3 fois par jour.

Première étape, on réduit par deux la consommation en passant de 3 à une fois et demie par jour. Donc, un jour tu n’auras le droit qu’à une seule masturbation et le lendemain à seulement 2 et ainsi de suite.

Il faut au moins 3 à 4 semaines de ce traitement pour que cela commence à avoir des effets. Lorsque tu ne ressens plus trop de manque, tu vas pouvoir sauter à l’étape 2.

Tu vas donc maintenant encore une fois diviser par deux ta consommation. Tu pourras uniquement alors regarder un jour sur deux. Une fois que tu auras réussi à moins sentir ce besoin, tu pourras par conséquent encore réduire, et ainsi de suite.

Comme je te le disais, cela demande de la volonté et de la rigueur, mais cela permet de limiter grandement sa consommation. Cela aura en outre le gros avantage de faire fortement travailler ton imagination autour de ta libido puisque tu utiliseras la technique expliquée plus haut pour la consommation pornographique.


Comme tu as pu le constater, la pornographie peut être néfaste à ta vie sexuelle et sentimentale si tu te laisses envahir par une consommation effrénée. Comme toutes les addictions, au fur et à mesure du temps, si tu n’y prends garde, il t’en faudra toujours plus pour obtenir un résultat équivalent. Ton désir et ta libido risquent d’en pâtir sérieusement. Cependant, il y a quand même une bonne façon de regarder, c’est donc une invitation à le faire dès à présent.

Je te suggère à me dire dans les commentaires quelle est ta fréquence réelle de consommation de pornographie.

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